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Ubu aviateur !..


Rédigé le Mardi 6 Mars 2007 à 11:08 | Lu 9777 commentaire(s)

Les avions de collection sont dans le collimateur de l’administration.
L’avenir du patrimoine aéronautique français est en danger.


Ubu aviateur !..
Chronique de Pierre Sparaco

Newsletter du 06/03/2007 :


Les véhicules militaires français de collection étaient absents des célébrations du 60e anniversaire de la Libération qui se sont déroulées hors de nos frontières …parce que le ministère de la Défense exigeait pour leur déplacement une autorisation d'exportation de matériel de guerre.
Ni plus, ni moins.
On pourrait choisir d'en rire si ce problème tragi-comique ne constituait un épisode parmi de nombreux autres d'une saga peu banale, profondément ridicule et passablement compliquée.
Il s'agit, en effet, de l'interprétation pusillanime d'un décret d'application de l'article 80 de la loi sur la sécurité intérieure.
En langue française de tous les jours, il s'agit d'appliquer une décision qui remonte au 18 avril 1939 (oui, 1939 !) définissant les matériels militaires assujettis au contrôle, et désormais agrémentée de l'établissement d'un certificat de démilitarisation.
Après Ubu roi, voici donc Ubu aviateur.

La dérive d'une administration bornée qui évolue bien loin de la vraie vie.

En un premier temps, les fonctionnaires ont appliqué de manière pragmatique un texte bancal. Puis, ils ont choisi de ne prendre en considération et de n'accepter que les matériels destinés à des musées.
Une manière très efficace, à n'en pas douter, de barrer la route aux collectionneurs.

Jean-Luc Langeard, vice-président du Réseau du sport de l'air (RSA), résume les conséquences de cette manière de faire en peu de mots : «c'est la raison pour laquelle nous avons vu notre patrimoine historique s'étioler et se figer». Le RSA, filière historique justement célèbre des constructeurs amateurs et des restaurateurs d'avions anciens, a fort heureusement choisi de se battre.
Il n'est d'ailleurs pas seul à affronter sur le terrain judiciaire le nouveau roi Ubu pour dénoncer des textes inapplicables en même temps que l'impossibilité de nouer le dialogue avec les responsables concernés.

Le combat du RSA, une action déposée auprès de la section Contentieux du Conseil d'Etat contre le décret litigieux sur «le régime des matériels de guerre, armes et munitions», est aussi celui de la Fédération française des groupes de conservation de véhicules militaires et de la Fédération française des véhicules d'époque.
Bien sûr, personne ne nie que nous traversons une époque troublée qui incite à la prudence mais chacun s'accorde aussi à dire qu'il convient de raison garder et de ne pas tout mélanger.
Le problème, tellement énorme qu'il en est devenu franchement ridicule, relève de l'absence de discernement.
Voici un Caudron ou un Blériot traités de la même manière, avec la même méfiance, que pourraient l'être un Mirage 2000 ou un Rafale.

Au départ, les collectionneurs avaient été oubliés par les auteurs du décret, une erreur rectifiée in extremis.
Mais l'application du texte s'avère complètement irréaliste.
Les interlocuteurs des collectionneurs et autres défenseurs du patrimoine sont notoirement incompétents.
« C'est affligeant », nous dit Jean-Luc Langeard.
Et c'est sans doute l'absence de dialogue qui constitue le manquement le plus grave, à commencer par les portes closes du Cabinet du ministre de la Défense.
Cela depuis 10 ans, ce qui met la gauche et la droite à égalité, bonnet blanc et blanc bonnet.
Reste l'espoir, en ces temps de promesses électorales, qu'un présidentiable s'engage à aplanir le différend.

Certes, les collectionneurs et restaurateurs d'avions anciens sont trop peu nombreux pour peser sur un scrutin.
En revanche, rien ne devrait les empêcher de lancer immédiatement un débat plus vaste sur cet aspect peu connu notre patrimoine historique et lui donner valeur d'exemple. De bon exemple.

Pierre Sparaco-Toulouseweb-aero








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