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L'AOPA au Groenland


Rédigé le Lundi 1 Juillet 2013 à 14:22 | Lu 2550 commentaire(s)

14 avions en route pour le grand nord : Le Groenland. Suivez les à la trace ..


CAP SUR ILULISSAT : LUNDI ET MARDI, 7EME ET 8EME JOUR

L'AOPA au Groenland
L’aventure est terminée, enfin presque !

Mercredi matin : me voilà de retour au bureau. J’aurais dû vous écrire lundi soir à notre arrivée à Reykjavik mais tous les amis en ont décidé autrement : « C’est notre dernière soirée ensemble, laisse tomber ton ordi, on a déniché le meilleur restaurant de poissons de la ville ! » Le lendemain matin, au petit déjeuner, Milos m’a dit : « Hors de question que tu écrives, tu n’as plus le temps, on décolle à 10 heures ! » Et hier soir, ma fille Marie et son Matthieu espéraient tellement que je les retrouve pour dîner à Paris que je n’ai eu le cœur de les décevoir. Me voilà donc contraint au saut carpé, mais vous avez désormais l’habitude.
Quand j’écris que l’aventure CAP SUR ILULISSAT n’est pas tout à fait terminée, je pense à Jean-Luc et à Jean (les pilotes du second Cirrus SR20 à faible range) que nous avons abandonnés à Narsarsuaq lundi matin. Le temps était trop pourri  à Kulusuk, à l’est du Groenland, pour leur permettre de ravitailler. Impossible de bloquer tout le monde pour une hypothétique amélioration météo ; la règle du jeu était connue de tous (il fallait, pour venir sur notre raid, de l’essence, plein d’essence dans les ailes) mais j’imagine qu’ils ont dû avoir le cœur gros en nous voyant décoller en direction de l’Islande. En tous cas, nous, nous l’avions !
Rassurez-vous, ils vont bien, simplement ils doivent prendre leur mal en patience car la météo ne doit s’améliorer qu’à partir de demain jeudi.

Une météo exemplaire, à tous points de vue.

La météo n’étant pas fameuse, d’autant qu’il commençait à pleuvoir, plusieurs pilotes ont interprété les éléments en leur possession de façon négative et, surtout, ont colporté les dires du « plus vieux pilote du coin » et d’un pilote suisse de Pilatus PC-12 qui venait juste de se poser.
Pour le premier, les vents catabatiques descendant du glacier allaient plaquer nos avions au sol, ou alors les turbulences d’entrées de fjord les détruire en vol ! Quant au second, il leur avait conseillé de ne pas décoller.
Par chance, j’avais pris mon temps à l’hôtel près de l’aéroport, ce qui m’a permis d’arriver, certes bon dernier, mais avec les idées claires. Et, après avoir vu les mines plutôt déconfites de nos copains, de poser quelques questions. « L’ancien de Narsarsuaq ? » Personne ne savait sur quelle machine il volait : un ULM, qui sait ? Quant à Gilles, convoyeur de la société Pilatus Aircraft, que je connaissais et qui a essayé de me voler le blouson TBM 850 qui m’a été offert par le patron de Daher-Socata, il m’a avoué être arrivé à la verticale de la balise NA  au FL 180. No comment !
Puisque le plafond (6000 ft) et la visi (10 kilomètres) permettaient à tous de revenir se poser à vue, j’ai simplement dit : « Et si Milos et moi allions voir ? »
La dynamique lancée, le temps que nous enfilions nos combinaisons de survie, nous avons été doublés au décollage par le Piper Malibu de Serge, Philippe et Hélène, suivi à quelques minutes par le Beechcraft Bonanza de Philippe, Patrick et Laurence. Personne n’ayant rencontré de turbulences, ni de givrage jusqu’au FL180, mais plutôt du soleil sur l’Atlantique, tout le monde a suivi. Quant à ceux qui ont préféré contourner le Groenland à basse altitude, malgré les « turbulences destructrices annoncées », ils ont été récompensés, pour leur grand courage, par un vol paisible et des paysages à couper le souffle !

Le diable nous attendait quand même à Reykjavik.

Le moment le plus sportif de la journée a été l’atterrissage en Islande où le brouillard peut jouer singulièrement avec les nerfs des contrôleurs. Alors que nous étions autorisés pour l’ILS 19 suivi d’une manœuvre à vue pour la 31, nous avons eu la surprise, en courte finale, le train rentré, à 160 kt indiqués, de nous voir autorisés à l’atterrissage piste 19 : « Eh, ça va pas la tête, on peut plus ralentir, on peut plus sortir le train, on veut la 31 à vue ! » Réponse un peu curieuse du contrôleur : « Cela va être difficile avec 200 ft de plafond car il y a des maisons ! » Evidemment, on est reparti pour un tour de manège, en râlant d’autant plus que l’Ami François en a profité pour nous doubler !
Ensuite, on a bien rigolé en voyant les plus vertueux (non, nous ne citerons aucun nom !) se poser avec les minima « islandais » ! Mais heureusement, le presque beau temps est vite revenu pour les avions les plus lents.

Les pilotes d’Air France sont très bien élevés.

Milos et moi avons été heureux de réaliser que tout le monde était bien décontracté et heureux lors de notre dîner  d’adieu à Reykjavik. Certains imaginaient aller aux Îles Féroé le lendemain, d’autres passer quelques  jours dans les Hébrides…
Quant à nous, on s’est dit que, l’Islande étant dans l’espace Schengen, cela valait le coup d’essayer de tirer un trait tout droit vers la France et Toussus-le-Noble pour nous éviter deux escales douanières. Aussi, en évitant les excès de café et de jus d’orange au petit-déjeuner, nous avons décollé vers 11 heures de Reykjavik, avec nos 102 gallons de carburant dans les ailes.
Les vents étant favorables, on s’est mis au FL110, au réglage moteur de maxi range, et on a volé décontracté. Enfin pas vraiment : on a cassé tout de suite les pieds aux Islandais à peine le train rentré, ensuite cela a été le tour des Ecossais, puis des Anglais et enfin des Français. Tout le monde a heureusement joué notre jeu comme le montre le relevé satellite ( http://www.sat-view.fr/interface/interface.php?login=avialote ) de notre vol retour.
Merci à tous, et surtout à la gentille jeune femme de Paris Info qui nous a chouchoutés, comme elle doit le faire avec ses enfants, lorsqu’on a annulé IFR pour gagner quelques minutes de vol. En fait, comme prévu, on s’est posé avec 20.3 USG dans les ailes après 7H40 de vol. Pour nous qui sommes habitués à arriver à destination avec au moins 4 heures de carburant, c’était assez flippant.
Ah, au fait, on a vérifié pendant ce vol que les pilotes d’Air France, et donc les Français, sont particulièrement bien élevés. Alors que le contrôle de Londres appelait pour la seconde fois à 17h26 l’AF 637P, nous avons entendu son pilote annoncer en anglais : « Désolé, Monsieur, je me restaurais et ne pouvais parler la bouche pleine ! » Flegmatique comme tout Anglais qui se respecte, le contrôleur lui a répondu : «  Aucun problème, Monsieur ! » 

Allez, on quitte la fréquence. A la prochaine !

Ah si, j’ai oublié : Gilles et Eric sont aux USA et heureux car ils ont retrouvés leurs épouses qui patientaient du côté de Martha’s Vineyard.

Jacques

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CAP SUR ILULISSAT : DIMANCHE, 7EME JOUR

Narsarsuaq, l’ultime frontière
 
Le vent en route a été fort, avec des pointes de face jusqu’à 50 kt et pourtant le pari a été tenu : faire atterrir la flottille dans les temps à Narsarsuaq, entre 17 heures et 20 heures Zulu. On ne rigole pas avec les horaires au Groenland, surtout le dimanche, et même quand on a payé pour l’ouverture du terrain : tout avion se posant une seconde  après le créneau négocié à bon prix, aurait dû acquitter en plus une surtaxe de 1000 dollars ! Eh oui, c’est l’unité de mesure réservée aux aviateurs, comme l’ont déjà appris à leur dépends certains de nos amis : les Inuits n’ont aucune propension à plaindre les « malheureux » qui volent en avion privé !
Ce vol entre Ilulissat et Narsarsuaq a tenu toutes ses promesses. Le brouillard enfin dissipé, la baie de Disko et les milliers d’icebergs ont pu être survolés à basse altitude avant que chacun ne décide de sa route : une directe en passant au-dessus du Ice Cap ou un suivi côtier.
Milos et moi,  et quelques autres, avons préféré flirter avec la courbure de la glace, à une hauteur difficile à déterminer, peut-être à 300 ft, en inhibant les alarmes de terrain vite insupportables, pour ne pas avoir trop à affronter les vents : départ à 3000 ft, top à 8500 ft et descente tranquille ensuite vers l’embouchure du fjord qui mène à Narsarsuaq. Les autres ont choisi la côte, ils en ont pris plein la gueule côté vents, ils ont atterri avec le minimum syndical de carburant dans les ailes mais ils ont admiré des paysages  à couper le souffle pendant 800 kilomètres.
A l’arrivée, les conditions étaient CAVOK et les non initiés ont pu découvrir en toute sécurité l’aérodrome mythique qui permet aux pilotes de refueler, l’ultime frontière entre l’Europe et le Canada.
 


L'AOPA au Groenland
Facile et spectaculaire par beau temps
 
Comme les autres, Milos et moi avons suivi les détours du fjord, à 1000 ft sol, en sautant la ligne électrique qui le traverse désormais (bien signalée par des feux de jour) avant d’aller taquiner les parpaings et nous poser en 25. Dix minutes après son atterrissage impeccable, Milos, qui officiait aux commandes, en avait les poils des bras encore dressés !  Curieusement, personne n’a opté pour une approche NDB DME, juste pour voir, ce qui est utile si on a l’intention de revenir un jour par mauvais temps. En effet, cette approche ne permet pas l’erreur puisqu’une montagne obstrue l’axe de percée. Si vous creusez le plan en conditions IMC, vous êtes certain de gagner le gros lot !
 
Gilles et Eric toujours dans les parages, après leur record du monde.
 
Résumons un peu la situation car nous ne sommes plus que 11 équipages sur 15. Manu et Anne-Céline (Cessna 182 SMA) sont restés mardi à Inverness par manque d’huile moteur. Claude, Martine et Renaud (Cessna Mustang) s’en sont repartis samedi vers Reykjavik pour cause de brouillard persistant à Ilulissat. Régis et Patrick (Cirrus SR20) sont restés à Ilulissat pour cause d’hélice abîmée à l’atterrissage. Et Gilles et Eric ? En fait, les compères avaient prévu samedi matin de nous fausser compagnie (malgré les réjouissances programmées extraordinaires) pour filer vers les USA à bord de leur Mooney M20J non dégivré. Manque de bol, un givrage sévère du côté de Goose Bay en a décidé autrement. Alors que nous les savions en l’air depuis 6 heures au moins, mon téléphone a sonné. C’était Gilles qui voulait connaître le temps à Ilulissat !
J’ai cru à une mauvaise blague, d’autant que nous étions à nouveau en plein brouillard. Je crois bien avoir senti les larmes me piquer les yeux. Finalement nos aventuriers se sont reposés à Kangerlussuaq  après 9 heures de vol ! Un record du monde de distance la plus lente pour « Gilles le Mooniac » qui submerge les bureaux de la Fédération Aéronautique Internationale par ses demandes d’homologation de record. Pas de médaille, évidemment, mais une taxe d’ouverture de terrain de… 1000 dollars, bien sûr !
 
Retour à Reykjavik
 
Il est 7 heures, comme d’habitude nous avons très peu dormi du fait du jour permanent et surtout de l’ambiance : les conversations n’arrivent jamais à s’arrêter. Dans trois heures, nous décollons vers l’Islande si la dépression qui avance en ce moment vers Reykjavik le permet. Cela devrait passer, d’autant que les vents sont favorables en altitude et l’iso 0° vers 14000 ft. Il est temps d’aller vérifier.
 
Jacques
 

CAP SUR ILULISSAT : VENDREDI ET SAMEDI, 5EME et 6EME JOUR

Peut-être le plus bel endroit au monde
 
 Quand vous demandez à un pilote groenlandais si l’atterrissage est possible ou non, en fonction des conditions météo, et qu’il vous semble dubitatif, surtout n’essayez pas d’y aller ! On les a vu faire à Ilulissat alors que la tour passait 400 m de visi et 200 ft de plafond et aucun de nous n’oubliera jamais : des Dash 7 ou 8 tout rouge surgissant d’un coup, appontant littéralement au seuil de piste, rebondissant parfois haut et freinant à mort, toutes les reverse hurlantes.  Hallucinant !  
Bien sûr il ne s’agit plus de pilotage aux instruments (compte tenu des minima opérationnels), mais de ce que ces Braves du Grand Nord appellent pudiquement du pilotage « aux repères » ! Vous êtes culottés, les gars, surtout que les 200 ft de plafond qu’on vous passe semblent plutôt être la base des nuages que le plafond.
 


Presque tous posés

Je vous écris aujourd’hui, samedi matin, alors que les icebergs de la baie de Disko dérivent lentement devant les fenêtres de ma chambre. L’ambiance dans le groupe est incroyable, tout le monde est heureux, l’expérience a été maximale au niveau émotionnel et l’escale est magique, c’est probablement le plus bel endroit au monde et on comprend pourquoi Ilulissat est partie prenante du patrimoine mondial de l’UNESCO. Bien sûr, nos cœurs saignent un peu, car il manque toujours deux avions qui s’en sont retournés à Kangerlussuaq : le Cirrus de Patrick et Régis et le Cessna Mustang de Claude, Martine et Renaud.

On y est allé pour voir

En fait, la journée d’hier a été intéressante dès la prise météo du réveil : beau temps sur tout le parcours, mais des entrées maritimes sur la côte ouest du Groenland du fait de vents de mer en provenance du Canada, avec des température/point de rosée pratiquement confondus. La pire situation selon la prévisionniste de Sondrestrom, qui ne nous a laissés espérer aucune amélioration pendant deux jours. Nous étions prêts à partir pêcher la morue si un pilote de Dash d’Air Greenland  ne nous avait pas conseillé  d’au moins tenter notre chance.
Les avions ont alors commencé à décoller vers dix heures du matin, les après les autres, avec le plein de carburant pour une heure de vol ou moins. Notre attente au sol a été longue et, finalement, nous avons appris que François s’était posé, puis un autre, et un autre…
Nous avons donc décollé à notre tour. Le vol a été splendide, avec 100 km de visi. Nous avons longé le glacier, survolé des lacs couleur turquoise avant d’affronter les stratus d’Ilulissat.  Pour la faire courte, disons que nous sommes arrivés sur le site au mauvais moment et qu’il nous a fallu attendre presque une heure avant d’atterrir. Pendant ce temps-là, Gilles, Eric, Bernard et Isabelle patientaient, sans jamais nous mettre la pression, et on a vraiment apprécié. Leur récompense est venue ensuite, car l’amélioration a perduré, pour leur laisser le temps d’atterrir à la première tentative.
 

Mustang et Cirrus SR20 s’en sont retournés

Pour le Mustang, c’était mission millimétrée, car un atterrissage sur piste courte demande un calcul de masse d’une précision chirurgicale. En gros, Claude n’avait droit qu’à deux tentatives, à aucune attente, avant de devoir repartir vers son point de départ à 20 minutes de vol. Sa tentative du matin et celle de l’après-midi ont échoué…
Pour Patrick et Régis, pas de chance non plus. On les a vu approcher un peu vite et devoir remettre les gaz, puis les stratus sont revenus et les ont contraints à repartir vers Kangerlussuaq.

L'AOPA au Groenland

Mauvaise nouvelle du jour

Icebergs au soleil rouge
 
En fait, c’est n’est qu’à la nuit que la brume s’est vraiment dissipée, dévoilant des milliers d’icebergs de toutes tailles, aux formes torturées, certains rappelant les monstres de nos rêves d’enfant, comme ceints d’un voile bleu gris, avec de surprenants reflets roses, car le soleil était bas sur l’horizon. Le tout d’une beauté inouïe.

Passé une heure du matin, il a fallu se décider à quitter la terrasse de l’hôtel où, malgré le froid polaire, nous refaisions le monde avec un couple de jeunes Français bien sympathiques, Marie et Stéphane, qui font le tour du Groenland à bord de leur Cozy de construction amateur.

Pendant que je termine ce papier, trois nouvelles viennent de me parvenir par mon GSM : l’une bonne, l’autre moins bonne, la dernière carrément mauvaise. La bonne, c’est que nos amis aventuriers de CAP SUR ILULISSAT sont quelque part dans un village inuit et que François vient de m’annoncer que « c’était vraiment formidable ! »  Cher François... Ce soir, à 22 heures, nous embarquerons tous sur un chalutier et cela sera plus formidable encore, du moins si nous ne jouons pas au Titanic !
 La moins bonne news est que l’équipage du Mustang en a eu marre de brûler du pétrole et s’en est retourné directement vers Reykjavik : au revoir, les Amis, c’était génial de vous avoir avec nous.
La mauvaise, c’est que Patrick et Régis ont décidé de tenter à nouveau leur chance ce matin et qu’ils sont sortis de piste à Ilulissat. Pas de mal, mais leur avion ne sera pas en état de reprendre l’air avant qu’un mécano intervienne sur leur Cirrus. Et cela, c’est un peu la m… quand on est aussi loin de sa base.  Mais cela va au moins faire le bonheur de la compagnie régionale islandaise qui assure un vol quotidien entre Ilulissat et Reykjavik !
 
Jacques

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CAP SUR ILULISSAT : JEUDI 4EME JOUR

L'AOPA au Groenland
Un survol du Groenland surprenant dans sa diversité.
Bonne humeur générale au petit déjeuner car la météo, sans être certaine, laissait planer des espoirs de succès pour le vol du jour. METAR, TAF et TEMSI étaient corrects, mais les moins armés au niveau expérience personnelle, endurance et équipements de leur avion, craignaient les surprises entre les aérodromes. Heureusement tout le monde a été rassuré par la coupe du vol Reykjavik-Kulusuk-Kangerlussuaq que présentait ce matin le site OGIMET : il était facile de choisir un niveau de vol non givrant dès le FL120 (niveau minimum de survol du Ice Cap aujourd’hui. Certains ont donc pu essayer leur équipement d’oxygène pour la première fois !
Milos et moi sommes partis avant le dernier avion participant, Gilles et Eric ayant pris tout leur temps : fatale erreur, cela leur a coûté mille euros pour leur arrivée une demi-heure après la fermeture du terrain. C’est l’un des pièges à la c… du Groenland (avec la météo) car le personnel des aéroports n’a rien d’autre à faire de toutes les façons, si ce n’est de guetter le pigeon voyageur !
Sur la fréquence, aucun problème nulle part, les pilotes des trois avions un peu courts en carburant se sont dits emballés par leur atterrissage à Kulusuk, ilot à l’est du Groenland entouré de glaçons à perte de vue. Les reports radio avec le contrôle en route ont été nickel, tout le monde a été vraiment professionnel. Quant à moi, j’ai été gratifié par François et Stéphane, nos deux amis qui nous précédaient d’une demi-heure, de « régional de l’étape » après qu’ils aient vérifié que mes prédictions étaient exactes.
Ce soir, surprise à la Milos : un bus vient nous chercher à 19h30 pour nous emmener vers un restaurant gastronomique au milieu de… rien. Il faut quand même le faire, surtout  à Kangerlussuaq !
Jacques
 
 

CAP SUR ILULISSAT : MERCREDI 3EME JOUR

Des geysers, des pilotes de planeurs sympas et la visite du Président.
J’avais commencé hier soir mon billet du jour par ce constat maintes fois vérifié qu’il est impossible de passer par Reykjavik sans aller se faire tremper par les embruns du terrifiant Geysar. Et puis s’est invité à ma table Valur, président de l’AOPA Islande. Bières obligatoires ! Après quelques verres, il nous a invités à découvrir en sa compagnie les principaux aérodromes d’Islande à notre retour dans quelques jours. Plutôt tentant. Et puis tous les pilotes du raid se sont succédés car nous avions besoin des données techniques les concernant pour remplir leur plan de vol du lendemain. Et enfin on a fini au restaurant où les histoires se sont succédées jusqu’à deux heures du matin. 
Cette journée détente a été très réussie et, pour Alain, Michel et moi, elle s’est terminée en beauté avec la découverte d’un des deux terrains de vol à voile d’Islande, BISS (Sandslxeid), à 21 kilomètres de Reykjavik. Notez dans vos tablettes qu’il peut servir de dégagement en cas de brouillard sur Reykjavik. Et qu’un des membres du bureau est officier d’immigration et qu’il se fait fort d’arranger tout problème administratif par la suite.
Nous avons discuté longuement avec Holmgeir Gudmundsson, Asgeir H. Bjarnason et Skuli A. Sigurdsson (notre photo, de gauche à droite) qui nous ont expliqué qu’ils représentaient à eux trois 5% de la population vélivole active d’Islande !  Cela ne les empêche pas de gérer une belle flotte composée d’un Duodiscus Turbo, d’un LS4, d’un LS8, d’un SK21 et d’un Super Dymona pour mettre en l’air tout ce petit monde. Le vol d’onde est possible par vent du nord compte tenu du relief et les vols de distance se font généralement par retour route étant donné l’aérologie. Bref, des gens formidables !
Jacques
 
 
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CAP SUR ILULISSAT : MARDI 2EME JOUR , à l'arrivée

 
On est presque tous posés à Reykjavik !
 
Il est 23 heures malgré le soleil de minuit,  je viens de terminer à la hâte mon steak de baleine dans le fameux restaurant Laekjarbrakka et faire vite débarrasser mon assiette par un serveur qui a fait ses humanités à Clermont-Ferrand, Puy de Dôme, pour la remplacer par mon ordinateur… Je sais, le choix de la baleine, ce n’est pas top, mais ma voisine de table, Claire, est en train de déguster un steak de cheval islandais : n’est-ce pas plus horrible encore ?
 
Bon, il ne manque qu’un seul avion ce soir, le Cessna 182 d’Emmanuel et Anne-Céline. Nos amis ont eu la mauvaise surprise de découvrir à leur escale de Wick que l’huile promise pour leur moteur SMA n’était pas la bonne ! Sans huile, impossible de continuer, ils ont donc fait demi-tour et nous en sommes vraiment désolés.
A part cette « mini tragédie », tout s’est finalement bien passé. L’un des Cirrus SR20 a réussi à tirer directement sur Reykjavik, le second a choisi de se poser à Vaagar, aux Iles Féroé.

Comme imaginé ce matin, le temps était imprévisible et nos amis ont atterri avec « 200 ft » de plafond et 10 kt de vent arrière. Mais l’accueil a été à la hauteur de l’événement : il n’y a jamais plus de trois avions par jour qui s’y posent ou osent s’y poser. Ils sont nos héros ce soir, mais ils n’ont pas encore payé leur coup !
Milos et moi avons décollé à 16h33 UTC dans notre avion balai. En combinaison de survie orange, of course, comme tous les collègues qui déambulaient comme des pingouins entre le lounge de Signature et leur avion. Toutes affaires cessantes, je tiens à remercier Emmanuel qui avait passé sa matinée à régler les problèmes de vision synthétique et d’alerte de relief de notre G1000, à la suite d’une mise à jour de database ratée. Cela a été vraiment utile pour notre moral car il n’y avait en fait que les écrans à admirer : les nuages chargés de pluie accrochaient littéralement  les montagnes écossaises. 

A cause du givrage sévère prévu, nous avons volé bas, au FL 65, dans une espèce de cocoon fait de pluie et de gris, très protecteur, jusqu’à obtenir enfin notre clairance océanique. Nous en avons alors profité pour demander le FL 110 où nous avons émergé au grand soleil. Plus tard, les premiers glaciers islandais sont apparus à notre droite, puis cela a été le vrai beau temps, avec un soleil très haut dans le ciel malgré l’heure tardive.

Après l’approche à vue de Milos et son kiss habituel, nos regards se sont portés sur les avions sur le parking de Reykjavik : presque tous là ! Ouf !
Demain, relâche : plus question d’avion, nous allons jouer aux piétons. Au menu, la chasse photo à la baleine, les geysers et la baignade dans les eaux brulantes du Blue Lagon.

Jacques 
 

CAP SUR ILULISSAT : MARDI 2EME JOUR au départ

Attente à Inverness
 
Hier soir, briefing intéressant avant le diner les prévisions météo n’étant pas fameuses, on a senti monter la tension, chacun y allant de son interprétation des cartes.
Ensuite il y a eu les questions posées par les pilotes des deux Cirrus SR20 : est-ce jouable ou non  compte tenu de la faible endurance de ces avions d’entrée de gamme.
Tout va dépendre en fait des vents et de l’option Vagaar, cet aérodrome pile sur la route de l’Islande mais la plupart du temps maudit des dieux.
Soudain, en pleins débats, arrivée en vedette américaine du dernier équipage qui pilote le fameux Mooney rose : Gilles et Eric.
Ce matin, après un briefing improvisé devant  « a highly cholesterol breakfast », il a été décidé d’attendre le passage d’une perturbation du fait d’un risque de givrage modéré à sévère sur le début du parcours. Dommage, car les vents étaient favorables !
Il est maintenant midi. Nous revenons d’une visite du château et du musée. Certains ont déjà gagné Wick pour y faire le plein de canots de sauvetage et de combinaisons de survie.
Le moral est bon, l’ambiance très amicale, les 36 participants au CAP SUR ILULISSAT vraiment heureux de communier à la même passion pour l’aérien et les grandes aventures.
 
A ce soir, donc, et en Islande, je l’espère bien.
Pour le savoir, il vous suffira d’observer la trace satellite du Mooney N77GJ, retransmise toutes les 10 minutes avec information d’altitude, de cap et de vitesse. 
Si tout va bien, elle devrait redémarrer vers  18 heures, heure de Paris.
 
to be continued .. 
 

CAP SUR ILULISSAT : LUNDI 1ER JOUR

Toussus (France) – Inverness (Ecosse) : vol de mise en jambes
Si je n’avais pas fait déborder le réservoir TKS, le liquide qui sert à dégivrer les plans, l’hélice et le pare-brise du Mooney, nous serions partis à l’heure de Toussus-le-Noble et je n’aurais presque rien à raconter.
Il a donc fallu attendre Michael notre mécano, démonter, vérifier que tout était OK avant de pouvoir demander la mise en route à midi.
Nous sommes partis bon derniers, car, pendant ce temps-là, la plupart des avions de CAP SUR ILULISSAT avaient déjà filé vers Inverness.
Comme il n’y a plus aucun service de douane à Toussus, nous avons décollé vers Cherbourg pour dédouaner où il n’y avait aucun douanier, l’idée étant ensuite de tirer tout droit à l’ouest de l’Angleterre et de l’Ecosse pour profiter de vents moins défavorables et surtout pour de ne pas être à la merci des contrôleurs de la zone de Londres qui peuvent vous rendre fous avec leurs exigences en matière de variations de cap et d’altitude !
Cela a marché, nous avons pu tracer une ligne pratiquement droite jusqu’à Inverness (voir notre tracé satellite).
Par contre, nous n’avons pas arrêté de jongler avec les fréquences et les demandes un peu bizarres pour nous autres, Frenchies !
Nous avons donc goûté du « basic service », puis du « deconfliction service » et enfin du « trafic advisory service ».
Nous attendons maintenant de recevoir la note avant de décider du meilleur rapport qualité/prix !
A l’arrivée à Inverness, nous avons enfin retrouvé la vue du sol et, une fois au sol, le grand beau temps.
Dix avions sur les quinze du raid étaient déjà posés.
Accueil impeccable du préposé de Signature, pratiquement aucune paperasserie, un taximan très écossais, sans son kilt mais digne descendant du clan des Maclean, nous a permis de faire notre shopping avant de nous déposer en ville.
A l’hôtel, plus pratique que typique, plein de pilotes nous attendaient un verre de Lagavulin 16 ans d’âge en main : Patrick, Serge, Claire, Bernard, Régis, Alain, Michel, Claude, Martine, Anne-Céline, Philippe, Hélène et tous les autres…
Ambiance amicale, décontractée, on sent bien qu’on a affaire à des habitués du voyage aérien.
C’est du reste pour en être sûr que nous donnons toujours rendez-vous à nos aventuriers loin de leur base !
Dans quelques minutes, briefing avant diner en espérant que les retardataires seront là à temps pour avaler leur panse de brebis  farcie, laquelle fait partie du bizutage imaginé par notre ami Milos Krivokapic !
Rendez-vous demain à Reykjavik.
Jacques
Inverness airport
Inverness airport

Document sans nom

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Notre Président, Jacques Callies, au commande de son Mooney N77GJ, drive les 14 avions de l'expédition sur des zones qui lui sont aujourd'hui "familières".
Aux difficultés du pilotage en zones hostiles, il faudra aussi compter avec les conditions climatiques.
Vous pourrez ainsi les suivre, pas à pas, et imaginer le paysage qui les entoure.


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